24.05.2007

Les intérêts immobiliers déductibles

A peine nommé, le nouveau gouvernement commence à s'organiser pour faire passer ses premières réformes. Bravo pour ce dynamisme. Certaines des réformes proposées me semblent intéressantes, si elles sont mises en oeuvres avec intelligence. La libération des universités de la tutelle centralisatrice pourrait en être un exemple. D'autres propositions sont malheureusement stupides. Le meilleur exemple du jour est sans doute la proposition de créer une déduction fiscale liée aux intérêts des emprunts immobiliers. Cette mesure clientéliste et électorale apparemment séduisante sera en fait à la fois coûteuse, inefficace, et injuste.  

Elle sera:

- couteuse, car il s'agit bien d'une nouvelle niche fiscale que le gouvernement se propose d'introduire, ce qui creusera d'autant le déficit budgétaire.

- inefficace, car l'argent économisé sur les impôts servira surtout à alimenter la hausse des prix de l'immobilier de la même façon que la baisse des taux d'intérêts l'a fait. Au final, il n'y a aucune raison de penser que l'accession à la propriété sera durablement facilitée. 

- injuste, car cette mesure favorise les propriétaires (ceux qui s'enrichiront alors que leur bien prendra de la valeur), ou ceux en passe de le devenir prochainement (par le biais de la réduction d'impôt), au détriment de ceux qui n'auront pas les moyens d'acheter et qui ne pourront pas bénéficier de cette mesure. 

- injuste aussi, car il n'y a aucune raison de favoriser l'investissement immobilier plutôt qu'une autre forme d'investissement. C'est la liberté de chacun, lorsqu'il en a les moyens, de décider s'il veut rester locataire ou devenir acquéreur. L'Etat n'a pas à favoriser un comportement plutôt que l'autre. C'est en fait une nouvelle atteinte à notre liberté!!... 

Cette décision est en fait avant tout clientéliste et électorale. Il s'agit de poudre aux yeux pour séduire les riches. On a un gouvernement de droite qui défiscalise les intérêts d'emprunts immobiliers sous forme de réductions d'impôts. On aurait pu imaginer un gouvernement de gauche qui défiscalise les loyers sous forme de crédits d'impôts! Pourquoi pas!... Ce ne serait ni plus arbitraire ni plus utile (cela ferait monter les loyers)!!... Ce serait juste une mesure clientéliste en faveur des pauvres plutôt qu'en faveur des riches!... 

En plus, cette décision ajoute une nouvelle couche de loi et de complexité à notre système fiscal déjà incroyablement compliqué. Tout cela aura donc aussi un coût administratif, à une heure où il est plus qu'urgent de simplifier l'Etat et de s'attaquer aux racines des problèmes de notre pays. 

J'en profite pour rappeler les propositions d'Alternative Libérale: 

- simplifier massivement la fiscalité (cf. note précédente sur la taxe à taux fixe) en supprimant l'essentiel des niches fiscales et notamment toutes celles qui ont trait à l'immobilier.

- libérer le foncier: tant que l'offre sur le marché immobilier sera insuffisante, les prix resteront tendus au maximum. Pour répondre à l'augmentation de la population et à l'évolution de notre société (familles séparées, célibataires nombreux) et aux souhaits de chacun (plus d'espace en superficie par personne), il n'y a qu'une solution: faire baisser le coût des terrains. Et cela ne peut passer que par une mise sur le marché massive de terrains constructibles. 

Nous proposons de passer de la logique "tous les terrains sont inconstructibles sauf ceux qui le sont" à la logique inverse "tous les terrains sont constructibles sauf ceux qui ne le sont pas". Cette mesure n'empêche évidemment pas la protection de zones sensibles (littoral, parcs naturels,...). Mais elle met un fin à la délivrance au compte-goutte d'autorisations de construire par les collectivités locales, sur des bases potentiellement très arbitraires et qui sont souvent source de corruptions inacceptables (pots de vins,...). 

 

 

 

 

15.05.2007

Chirac...

Ca y est. C'est presque fini. Chirac s'en va... Il vient de terminer son dernier discours, bien sympathique, et en même temps un peu creux... Quelques généralités suffisamment floues pour ne vexer personne et pour flatter notre ego national. Et une bonne dose d'autosatisfaction... Pourtant, il n'y a pas de quoi être fier, Mr Chirac... Le chômage est toujours élevé, la fracture sociale n'est pas résorbée, et la dette n'a cessé d'augmenter... Au-delà du bilan national de notre cher Président, on peut s'interroger sur son bilan financier personnel, ainsi que Mr Dosière, le vice-président de l'assemblée nationale l'a fait aujourd'hui: comment donc Mr Chirac a-t-il pu s'apauvrir au cours des 12 dernières années alors qu'il vivait aux frais de la Princesse et était somme toute correctement payé (la somme de ses émoluments serait de l'ordre de 2 500 000 Euros sur cette période, d'après le "Libération" d'aujourd'hui)?... Je n'ai pas tous les éléments de réponse à cette question. Mais je dois dire que la déclaration de patrimoine de notre président sortant m'a stupéfait: un château en Corrèze à 500 000 Euros?!!... J'achète!!! Ce n'est sans doute pas le château le plus moche du pays, mais c'est certainement le moins cher!!... Et une maison à 60 000 Euros, une!!.. Quel miracle, à l'heure où la maison à 100 000 Euros tient encore plus du domaine du rêve que de la réalité... Alors, quand Mr Chirac prend ses bons accents socialistes pour nous inciter avec un grand sourire à être "solidaires", il a l'air bien sincère. Mais on se prend à se demander quelle dose de cynisme et de mépris se cache derrière son sourire... Pourquoi ne pas donc dire la vérité? L'argent n'est pas honteux!... Lorsqu'il est gagné honnêtement du moins... Mr Chirac aurait-il donc des choses à cacher pour devoir se présenter pour bien plus pauvre qu'il n'est en réalité?... Dans un mois, son immunité sera levée et, peut-être, de nouveaux rebondissements viendront éclairer ces questions. En attendant, demain, un nouveau président prendra les rennes du pays... Nicolas Sarkozy semble ne pas avoir de complexes avec l'argent. Espérons qu'il sera aussi plus honnête...

08.05.2007

Le prochain Président...

Ca y est. L'élection présidentielle se termine enfin. Avec soulagement, j'ai appris dimanche soir comme tous mes concitoyens que Ségolène Royal avait échoué dans sa candidature. Avec un mélange d'espoir et d'inquiétude, j'ai vu Sarkozy monter sur l'estrade de la salle Gaveau et prononcer son premier discours après l'annonce des résultats. Un espoir, oui, c'est vrai... Celui de voir un homme plutôt énergique s'apprêter à prendre les rennes du pouvoir en ayant conscience de l'Etat inquiétant dans lequel se trouve notre pays. Je pense effectivement que "Sarko" a plus de chances que "Ségo" de parvenir à faire baisser le chomage et à relancer notre économie poussive. J'ai aussi apprécié le discours plutôt ouvert qu'il a prononcé et qui n'oubliait pas tous ceux qui n'ont pas voté pour lui (ou ceux qui, comme moi, l'ont fait sans enthousiasme). Néanmoins, je ne me fais guère d'illusions. C'est de réformes bien plus profondes que celles que propose Sarkozy dont la France a besoin. Et je m'inquiète aussi: notre nouveau président saura-t-il exercer le pouvoir avec le bon équilibre entre audace et énergie d'une part, mais aussi humilité et écoute d'autre part? A ce titre, les quelques jours de congé qu'il prend sur un yacht normalement loué à 200 000 $ par semaine après un voyage en jet privé me laissent un peu perplexe... Que notre candidat élu prennent quelques jours de repos et de reflexion, voilà qui me semble une saine démarche. Qu'il ait besoin de calme, c'est bien normal. Mais j'aurais pensé qu'il aurait été de bon ton de manifester sa reconnaissance envers les électeurs par des choix un peu plus simples... Là, on a l'impression d'un homme obsédé par le pouvoir et l'argent plutôt que par le service de son peuple... Heureusement, nous, contribuables, n'avons rien payé. C'est Mr Bolloré, riche homme d'affaires, qui a invité son ami Nicolas... Espérons que les amitiés de notre futur président serons des atouts qui lui permettront de prendre des décisions en connaissance des réalités du milieu des affaires, mais pas des obligations, qui l'inciteront à retourner les "cadeaux" reçus, sur le dos des contribuables... En conclusion, ces pensées résument mon état d'esprit: je félicite Nicolas Sarkozy pour son élection. A chaque fois qu'il s'efforcera d'avancer sur la voie des réformes de notre pays dans le bon sens, je m'efforcerai de le soutenir à mon petit niveau. Mais il n'y aura pas d'état de grâce. S'il s'avance dans la mauvaise direction, ou s'il oublie à son profit la nécessaire séparation des pouvoirs, entre les pouvoirs économiques, médiatiques, et politiques, alors nous le critiquerons sans complaisance. Le peuple français a de grandes attentes. Alors, bonne chance Nicolas...

 

 

03.05.2007

Le second tour de la Présidentielle...

Alors que le second tour nous laisse face à un triste choix entre un conservateur et une socialiste, les Libéraux s'interrogent: quelle attitude adopter? Il est clair que les avis divergent. Je respecte toutes les positions, et c'est pourquoi je ne donne pas de consigne de vote au nom du comité d'Alternative Libérale d'Ille-et-Vilaine. Néanmoins, pour ma part, je ne voterai pas blanc. La candidature socialiste est adossée à un programme de dépenses publiques que notre pays ne peut plus supporter. Il est temps de réduire le poids des charges et de l'Etat en France. Ce n'est qu'ainsi que notre économie pourra enfin repartir et que le chomage pourra baisser. Il n'y a pas de meilleure méthode pour résoudre durablement le problème de la pauvreté en France et beaucoup d'autres problèmes qui en découlent directement. Du moins, c'est mon humble conviction. C'est pourquoi je voterai, sans enthousiasme, pour Nicolas Sarkozy le 6 mai. Mais, au-delà de la Présidentielle, c'est déjà vers les Législatives qu'il nous faut nous tourner. Le 10 juin, les Français auront la possibilité d'élire environ 50 députés libéraux à l'assemblée nationale. C'est une occasion qui aurait été encore inespérée voici à peine 1 an, pour donner à notre pays un groupe parlementaire capable de s'opposer à la main-mise exagérée de l'Etat sur nos vies, qu'elle soient stimulée par des peurs socialistes ou par des peurs conservatrices. Plutôt que d'opposer les pauvres aux riches, les travailleurs aux chomeurs, ou encore les Français aux étrangers, c'est une société de confiance que nous vous inviterons à défendre, que ce soit avec Ségolène Royal ou avec Nicolas Sarkozy à la magistrature suprême!