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19.05.2007

La taxe à taux fixe et l'impôt négatif

Aujourd'hui, je voudrais expliquer notre proposition de taxe à taux fixe et d'impôt négatif, qui est indissociable de nos propositions sur le revenu universel et sur le salaire complet.

Notre fiscalité actuelle est bien trop compliquée: les impôts sur la personne incluent de multiples contributions diverses (CSG, RDS, impôt sur le revenu, taxe foncière, taxe d'habitation, impôt sur la fortune, TVA, TIPP,...) et d'encore plus nombreuses niches fiscales dont on se demande si elles sont vraiment toutes essentielles. Tout cela crée plein d'injustices. Par exemple, pourquoi devrait-on défavoriser, ainsi qu'on le fait par le biais de la taxe foncière, ceux qui placent leur argent dans l'immobiler au détriment de ceux qui possèdent des actifs financiers (actions en bourse, livrets en Euros, Assurance Vie,...)? Savez-vous que, malgré la progressivité du barême de l'impôt sur le revenu, une personne ayant de gros revenus qui fait les placements appropriés peut baisser sa note fiscale sans qu'on sache vraiment jusqu'à quel point elle peut ainsi échapper à l'effort national?... Et pourquoi donc payer un impôt parce que l'on est riche (l'impôt sur la fortune), si l'on a suffisamment payé d'impôt au moment où l'on s'enrichit?...

Pour résoudre cette complexité et ces inéquités, il n'y a qu'une seule solution, qu'aucun gouvernement de gauche ou de droite n'a explorée: simplifier!... C'est ainsi que nous proposons de supprimer la plupart des impôts existant et de les remplacer par un seul impôt: l'impôt sur le revenu, avec un taux fixe, sans progressivité, dès le 1er Euro, calculé sur le salaire complet (cf. note précédente sur le salaire complet). Le revenu universel sera versé par l'administration fiscale sous forme d'un crédit d'impôt (cf. note précédente sur le revenu universel).   

Actuellement, nous proposons une valeur de 500 € par mois pour le revenu universel, et un taux de 18% pour la taxe à taux fixe. Certains spécialistes d'Alternative Libérale ont fait les calculs pour vérifier que ces deux valeurs sont réalistes. Mais on peut bien sûr envisager de les ajuster. Ce qui est important, c'est que la combinaison de la taxe à taux fixe et du revenu universel permet de recréer une progressivité de l'impôt et des aides sociales, en supprimant tous les effets de seuil, et en donnant une vraie égalité de droit à tous sans distinction. Prenons quelques exemples, en gardant à l'esprit que les charges sociales (assurance chômage, assurance santé, et épargne retraite) doivent être déduites des valeurs ci-dessous (elles feront l'objet d'une prochaine note):

1/ Celui (ou celle) qui ne travaille pas et ne gagne rien: il (elle) reçoit 500 € par mois de l'administration fiscale. 

2/ Celui qui gagne 500 € par mois (nous proposons à terme de supprimer le SMIC). L'impôt est de 500*0.18=90 € par mois. Mais comme il reçoit un crédit d'impôt de 500 € par mois, il touche en fait de l'administration fiscale la somme de 410 € par mois. Au total, il a donc 910 € par mois. On est donc dans un cas où l'impôt est négatif, avec un taux de (-410/500=) -82%.

3/ Celui qui est au SMIC actuel, à environ 1500 € par mois (en salaire complet, charges patronales incluses). Son impôt est de 1500*0.18=270 € par mois. Avec un crédit d'impôt de 500 €, il reçoit donc en plus sous forme de d'aide (500-270=) 230 € par mois. Son salaire total sera donc de (1500+230=) 1730 € par mois. Là encore, l'impôt est négatif, et correspond à un taux de (-230/1500=) -15.3%. Attention à ne pas oublier qu'il faut retrancher des 1730 € les dépenses sociales. 

4/ L'impôt devient nul lorsquel le revenu universel égale l'impôt de la taxe à taux fixe. Ceci se produit pour un revenu mensuel de 2778 € (car 2778*0.18=500). 

5/ Pour un revenu supérieur à 2778 €, l'impôt devient positif. Par exemple, pour un revenu mensuel de 4000 € bruts, l'impôt est de (4000*0.18-500=720-500=) 220 €. Cela correspond à un taux effectif de (220/2778=) 7.9%.

6/ Pour un revenu de 10 000 € par mois, on aboutit à un impôt mensuel de (10000*0.18-500=1800-500=) 1300 €, ce qui correspond à un taux effectif de 13%. 

7/ Pour des revenus très élevés, le taux d'imposition tend vers le taux de la taxe à taux fixe, soit 18%, car l'effet du revenu universel devient négligeable.

 

Voilà, c'est ce que propose Alternative Libérale. Nous proposons aussi de supprimer la plupart des niches fiscales, à l'exception des dons aux associations. Le bouclier fiscal n'a aussi plus lieu d'être. Il existe automatiquement, du fait de la simplification du système. Pour ma part, je propose de plus quelques précisions:

- le même taux fixe devrait s'appliquer à toutes les catégories de revenus sans exception: revenus du travail, revenus locatifs, revenus boursiers (dividendes et plus-values), plus-values immobilières, successions et donations (ce dernier point est plus compliqué et discutable, car le donateur a le sentiment d'avoir déjà payé l'impôt; cela peut faire l'objet d'un débat...).

- les collectivités locales pourraient définir leur propre taux, qui s'ajouterait au taux national, pour couvrir leurs besoins.

- en contrepartie, tous les impôts sur la personne devraient être supprimés: CSG, RDS, Impôt sur la fortune, taxe d'habitation, taxe foncière, taxe de redevance audiovisuelle (n'est-il pas temps de privatiser les médias d'Etat?).

- pour les très hauts revenus, on peut envisager une surtaxe raisonnable (par exemple 10%), qui permettrait d'étendre la progressivité de l'impôt à ces catégories. Pour favoriser une société civile forte, il serait alors intéressant de permettre une suppression totale de l'impôt correspondant à cette surtaxe, en échange de dons équivalents à des associations (avec, par exemple, une réduction d'impôt équivalent à 80% des dons).     

 

Commentaires

Merci pour cette pédagogie qui rend l'impôt négatif très compréhensible.
Pour ma part, je ne suis pas favorable à l'inclusion des successions et donations dans le barême unique. Taxer tous les revenus d'acquisition (de patrimoine) à 18%, c'est juste et efficace, retaxer ce patrimoine constitué au moment de sa transmission, je ne parviens pas à en accepter l'idée :-)
Bon courage pour ta campagne ! On va gagner :-))
Cordialement,

Ecrit par : DanielG | 19.05.2007

Oui, c'est un bon argument. Tout dépend de si on se place du point de vue du donateur ou du donataire. Le donateur a déjà payé l'impôt. Et il peut donc disposer de son patrimoine comme il l'entend. Mais pour celui qui reçoit, c'est une forme de revenu, et il serait donc normal qu'il soit taxé... En plus, c'est le revenu le plus "injuste", car on n'a rien fait pour mériter une succession... On peut aussi argumenter du fait que l'existence de l'impôt sur la succession justifie la suppression de l'impôt sur la fortune, qui fait alors doublon. Mon point de vue personnel est que l'impôt sur les successions est juste. Mais il est facile à contourner en partie ce qui favorise la fraude et donc des injustices en faveur des fraudeurs (donations en espèces, bijoux,...). Et je comprends aussi que c'est un impôt très impopulaire... C'est pour cela que je ne me suis pas trop avancé sur ce sujet!.. Je crois d'ailleurs que l'opinion dominante au sein d'Alternative Libérale est que les donations devraient se faire sans imposition... Cordialement, Xavier.

Ecrit par : Xavier Châtellier | 20.05.2007

Si vous relisez 1789, la propriété est un droit inaliénable.

Votre vie est votre potentiel d'action dans le futur
La liberté est ce qui permet votre action dans le présent
La propriété est ce qui marque le résultat de votre action dans le passé.

La constitution d'un capital relève d'un effort individuel, effort qui a déjà été taxé dans le présent.
Il est donc hors de question de taxer une 2eme fois cet effort en annexant par la force un morceau de propriété !
(c'est un vol de propriété)

Le don d'une propriété ne constitue pas un revenu pour celui qui la reçoit: c'est une propriété, et elle est cessible à titre onéreux ou gratuit, point.

Une propriété peut générer des revenus.
Ceux là peuvent être taxés.

Ainsi, la distinction est claire et nette, car ne nous trompons pas: c'est sous le masque avenant de la "justice sociale" que se cachent les figures grimaçantes des sentiments d'ENVIE, de JALOUSIE, et de RESSENTIMENT.


Si vous voulez absolument trouver une justification utilitariste, je vous rappèle que le niveau de vie est conditionné par la productivité globale, elle même conditionnée par la quantité de capital accumulé. Décourager l'accumulation du capital, c'est donc ralentir la progression du niveau de vie.

Ecrit par : Ecoguy | 21.05.2007

@Ecoguy: je vous remercie pour ce commentaire intéressant. Rassurez-vous, mes positions ne sont pas guidées par "l'envie, la jalousie ou le ressentiment". La propriété ne doit pas être taxée, nous sommes d'accord là-dessus. Le revenu peut l'être. Le point de désaccord est en fait axé sur la définition de ce qu'est un revenu. De mon point de vue, un revenu c'est un accroissement de la propriété. Recevoir un don, c'est accroitre sa propriété, au même titre que celle-ci s'accroit lorsque l'on fait une plus-value immobilière ou lorsque l'on touche un salaire...

Pour la justification utilitariste, je ne suis pas non plus convaincu: notre taxe à taux fixe reste à un taux suffisamment raisonnable pour ne pas décourager l'accumulation de capital. Par ailleurs, à niveau de taxation global égal, l'argent qui ne sera pas prélevé par l'Etat sur les donations/successions devra être prélevé sur les revenus du travail ou autres (plus-values immobilières/mobilières,...). Détaxer le travail, c'est aussi favoriser la productivité...

En fait, le point "utilitariste" le plus important selon moi qui serait en faveur de supprimer les droits de succession, c'est de veiller à ce que le niveau de la taxation ne soit pas élevé au point de faire fuire les capitaux à l'étranger. Il est important que nous soyions compétitifs à ce niveau si nous voulons cesser de délocaliser nos riches.

Ecrit par : Xavier Châtellier | 22.05.2007

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